| ILES VENEZUELIENNES | |
| BLANQUILLA | |
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| Mercredi 10 Octobre 2001 Porlamar - Puerto Cruz (Margarita) Distance : 25MN |
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| Blanquilla
étant "trop loin" de Margarita (80MN) pour faire la traversée dans la
journée, nous passons une nuit à Puerto Cruz au Nord de l'île. La navigation jusque là-bas est très cool malgré un départ pénible au moteur. En effet, pendant 7MN nous remontons vent et courant jusqu'à la pointe Est de Margarita. Une fois contournée, nous pouvons ENFIN hisser les voiles. ALLELUIA ! Un petit zef' d'Est nous pousse au grand largue à 5.5 nuds.
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| Nous longeons la côte au vent le long de laquelle les buildings se font de plus en plus rares. Ils laissent la place à de jolies maisons fondues dans le relief. | ![]() |
| Nous arrivons à midi à Puerto Cruz et mouillons parmi plusieurs barques de pêcheurs. Nous sommes l'unique voilier. Normal car nous sommes les seuls assez "maso" pour mouiller dans un endroit non seulement rouleur mais en plus soumis à de violentes rafales de vent en raison d'un relief idéal pour. Nous supportons l'inconfort du lieu en nous disant que c'est juste pour cette nuit. |
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| Jeudi 11 Octobre 2001 Puerto Cruz (Margarita) - Ile de Blanquilla (Playa Langosta) Distance : 60MN |
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| Tu parles
d'une nuit ! Nous avons dormi en pointillé, sans cesse réveillés par les rafales et le
roulis. L'esprit encore bien embrumé, nous partons dans les premières lueurs de
l'aurore. Nous nous écartons de Margarita sous génois seul grâce au fort vent générer par le relief. Une fois suffisamment éloignés de la côte, nous hissons la grand voile car le vent mollit. Notre vitesse est de 5 nuds, ce qui est le minimum acceptable pour arriver avant la nuit à Blanquilla. Malheureusement, le vent finit par s'essouffler. A 8h, la barre du moins de 3 nuds de vitesse est franchie . Le gréement se met à claquer car la mer est relativement agitée. Éole, pourquoi tant de haine ? Vous savez ce qu'il nous reste à faire ? VROOUMM ! Au bout de 4 heures de chevauchée mécanique, une brise nous titille les oreilles. Nous renvoyons la toile et grâce à un courant d'un nud, nous vogons à 4.5 nuds. Tout n'est pas perdu, on peut encore arriver avant la nuit. Au fur et à mesure de l'avancement de l'après-midi, le vent se renforce et cale Madeo sur son flanc bâbord. 6.5 nuds au compteur. C'est pas mal du tout. La navigation est enfin agréable. A 15h, Blanquilla se profile sur l'horizon. C'est une île toute ronde - 10 km de diamètre - et très basse. A part quelques pêcheurs et une base de gardes-côtes, il n'y a rien - pas de commerce, pas d'hotel, pas d'internet, pas de troquet, bref pas moyen de dépenser le moindre péso. Premier bon point. Le seul moyen pour s'y rendre est d'avoir un bateau. Second bon point. Il en est de même pour les étapes suivantes. Nous allons être coupés du monde pendant quelques semaines (seulement reliés au monde grâce au flash d'infos de RFI à 7h du matin heure locale). Nous en sommes ravis. Une heure plus tard, nous nous engouffrons dans une petite baie de la côte sud. Plusieurs anses, où il y a juste la place pour un voilier, la découpent . Nous nous arrêtons dans la première car son nom est très prometteur : Playa Langosta ! ... Miam miam ! |
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Notre piscine |
L'ancre plonge alors dans une eau cristalline et se pose 3m plus bas sur un lit de sable blanc. Madeo flotte sur une étandue turquoise contrastant avec le marron des coraux à quelques mètres. Je sens que les plongées vont être sympas ! |
| D'ailleurs Ronan se met tout de suite à l'eau pour aller chercher de quoi dîner. J'espère que l'endroit porte bien son nom...Finalement il ramène un barracuda. La langouste, ce sera pour plus tard. | |
![]() Cahutes de pêcheurs |
Coté terre, nous
sommes en face d'une petite plage où se cachent 2 cahutes de pêcheurs. Le lieu est des
plus rudimentaire : quelques planches de bois pour les murs et des palmes pour le toit.
Ils cuisinent au feu de bois, s'éclairent avec des lampes à pétrole et sont
ravitaillés en eau douce. Pour améliorer leur ordinaire, ils n'hésitent pas
troquer poissons et langoustes contre des cigarettes ou de l'alcool.
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| Au delà de la plage, de petites falaises blanches de 5m de haut plongent dans des eaux couleur carte postale. C'est vraiment très beau et cela fait du bien de retrouver un peu de sauvagerie après trop de civilisation. | ![]() Petites falaises |
![]() La mangrove |
L'île est relativement aride. La végétation est rare et rase. Pourtant certaines baies cachent de la mangrove nous rappelant les fleuves africains. Sauf qu'ici l'eau est turquoise pour ma plus grande joie. |
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| Samedi 13 Octobre 2001 Playa Langosta - Playa Yaké Distance : 6MN |
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Au bout de 2 jours,
nous changeons de place. Nous allons sur la façade Ouest de l'île, à 5MN, à playa
Yaké. Là, le mouillage est nettement plus grand et il y a déjà 6 voiliers. Parmi eux
nos amis de la Grande Ourse, premier voilier rencontré à la Corogne il y a 16 mois puis
retrouvé à Dakar, il y a déjà un an.
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![]() Madeo et La Grande Ours à Playa Yaké |
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BBQ à Playa Yaké |
Le soir même, ils
nous invitent à se joindre à eux pour l'apéro sur le cata' d'autres amis. Les liens
s'établissent vite entre les équipages et rendez-vous est pris pour un grand BBQ, le
lendemain, sur la plage. Nous ferons un vrai festin de poissons et langoustes, le tout bien arrosé comme il se doit ! |
| Cette super soirée est la première d'une longue série sur Madeo, la Grande Ourse et Mata-Hiva. On parle de traversées, de pêche, des mouillages, de gastronomie.
C'est ainsi que j'enrichis mon livre de cuisine avec des recettes de marinade sucrée-salée de poisson, de cake au poisson, de terrine de poisson, de pudding de poisson, de pain...et non, pas un pain de poisson. Un pain normal, de boulanger. Je m'explique : depuis un an, je m'évertue à faire du pain (quand on ne peut pas en acheter comme c'est le cas en ce moment). Je mélange, je pétrie, je laisse gonfler et rien... cela ne lève pas. Résultat, au lieu d'avoir une belle miche, j'ai une galette qui sèche tout de suite. Le goût est bon mais il faut des dents de carnassier pour mordre dedans. Bref, dès que j'ai l'occasion de parler boulangerie avec un bateau, j'essaye de percer le secret de la levée du pain. Après 14 mois d'investigation, j'ai enfin résolu le mystère du pain qui-lève-chez-les-autres-et-pas-chez-moi. Tout est une question de dosage d'eau... Maintenant, je fais un pain complet, goûtu et moelleux.
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| De son côté, Ronan
améliore ses chasses. Il faut dire qu'il a rencontré un maitre en la personne de Didier
de Mata-Hiva. Celui-ci descend jusqu'à 40m et ne chasse que du gros. Ronan a profité
d'une après-midi passée avec lui sur un tombant pour observer sa technique et comparer
le matériel (notamment un moulinet fixé sur le fusil avec au moins 25m de fil. C'est
indispensable pour les gros pélagiques surpuissants). Puis il a fait comme Didier et au fil des jours ses prises sont devenues de plus en plus grosses : barracudas de 5kg, carangue de 8kg et langouste de 3kg. Son plaisir n'ayant pas de limite, il ramène à bord plus que notre consommation journalière. Le frigo affiche complet et la cuisinière fait des heures sup'. Aussi nous donnons, nous séchons et nous conservons. |
![]() Séchage du poisson |
| Comme au club med, Madeo propose, tout au long de la journée, de nombreuses activités . J'ai déjà parlé de l'atelier cuisine pour s'initier à l'art des conserves et aux joies de de la fabrication du pain. Vous connaissez aussi l'atelier pêche, plus assidûment suivi par Ronan. Mais vous ne connaissez pas encore l'atelier "toutouyoutage", une exclusivité madeo pour laquelle je revendique le titre de première "toutouyouteuse" des mers. L'activité tire son nom du générique de Véronique et Davina - "a tou tou you tou" - et veut dire globalement faire des exercices physiques sur une musique de boite de nuit. Dans mon cas, elle consiste à monter et descendre sur mon mini steppeur (récemment rapporté de France) coincée entre le puits de dérive et la table à carte. J'enchaîne ensuite par une petite baignade relaxante. L'après-midi, nous participons activement au concours de sieste lequel est suivi des randonnées aquatiques. En fin de journée, les divertissements sont plus conviviaux et se passent en général autour d'un apéro... |
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| Sans transition, je vais un peu parler de ce qui nous entoure, histoire de réchauffer un peu ceux qui vivent en métropole et pour qui le mauvais temps approche, . | |
![]() Playa Yaké |
D'abord
la mer. Elle est très claire et est à 30°. C'est vraiment la température idéale. On y
reste des heures sans combinaison. Au bord de la plage, dont la blancheur nous éblouit dès 10h du matin, l'eau est turquoise. Au large, à partir de 30m de fond, sa couleur est cobalt. Entre les deux, ce sont des magnifiques camaïeux de bleu et vert à faire pâlir les aquarellistes débutants comme moi qui rêvent de reproduire sur le papier les dégradés que la nature fait si bien. |
| La faune est riche en gros poissons comme en témoignent les pêches de Ronan, par contre les petits poissons tropicaux colorés restent malheureusement rares. Les eaux de Tobago étaient bien plus fourmillantes. Par contre la flore est abondante : coraux, gorgones, éponges, corail cerveaux, cornes d'élan, algues éventail, anémones. | |
| A
terre, le décor est brut : caillasses, cactus, arbrisseaux et seulement 2 cocotiers sur
la plage. On sent la fournaise régnante rien qu'en voyant l'air trembler. " J'ai vraiment aucune envie d'aller m'y balader. D'ailleurs, je n'y vais pas ! Je suis bien mieux à bouquiner au frais sous le taud avec un coca glacé à porté de main. Tiens, j'ai un peu chaud : PLOUF ! " |
![]() Playa Yaké |
![]() Marais salant sauvage |
Ronan revient de sa virée ruisselant et assoiffé. Sa seule découverte : un marais salant sauvage à une centaine de mètres de la plage. Il y a récolté de la fleur de sel qui, ma fois, rivalise avec celle de Guérande. |
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| Avant de nous diriger sur los Aves via los Roques, nous allons mouiller non
loin de la base des gardes-côtes afin de voir s'ils ne peuvent pas nous vendre de la
farine et des ufs car nous pensons ne pas en avoir suffisamment pour les 3 semaines
qu'il nous reste loin du moindre supermarché. (J'ai un peu cafouillé dans
l'avitaillement à Margarita)
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| Mardi 23 Octobre 2001 Playa Yaké - Carantan Distance : 5MN |
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![]() Carantan |
Cette nav' est une simple formalité : Une heure de moteur pour remonter le courant et le vent jusqu'au mouillage. Nous avons du mal à trouver une zone de sable suffisament grande pour jeter l'ancre sans qu'elle racle sur des coraux. Heureusement nous sommes les seuls. Le cadre est, une fois de plus, magnifique. Il y a un peu plus de végétation qu'à Yaké. Nous n'avons guère le temps de profiter de l'endroit car il faut préparer la nav' de demain vers los Roques. |
| Pendant que je cuisine les plats pour nos prochains repas en mer, Ronan va voir les gardes-côtes. Une heure plus tard, il est déjà de retour avec 4 kg de farine, 24 oeufs et 10l d'essence. Le tout contre une bouteille de Rhum. Une telle générosité mérite d'être soulignée. Grâce à eux, nous n'aurons pas à rationner le pain et les gateaux. Merci les gars ! |
Carantan |
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| La suite : Los Roques - Los Aves (Venezuela) | |