| ILES VENEZUELIENNES | |||
| MARGARITA | |||
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| Vendredi 20 Juillet 2001 Los Testigos - île de Margarita Distance : 50MN
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| Ce matin,
c'est une flottille de 6 voiliers qui quitte, à l'aube, les Testigos en direction de
l'île de Margarita, la plus grande des îles vénézuéliennes (1000km²). Une petite brise d'Est de 5 à 10 nuds nous pousse gentiment sous une allure de grand-largue vers Porlamar, capitale de Margarita. A 9 heures, de gros nuages noirs recouvrent les Testigos. Ils sont le signe d'un grain et se dirigent sur nous. Aux premières surventes, nous rentrons le génois et de grosses gouttes commencent à tomber. Quand tout est fini, nous redéroulons le génois et filons à 7 nuds. Malheureusement cela ne dure pas. Au bout d'une demi-heure, le vent tombe et nous devons allumer notre moteur comme tous les voiliers autour de nous d'ailleurs. Dégoutés !!
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| Vers 14
heures, nous commençons à voir apparaître une ligne de building sur la pointe d'El
Morro derrière laquelle se trouve Porlamar. Ces premiers immeubles nous font craindre le pire quant au reste de la ville. |
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![]() PORLAMAR |
Une fois
contourné El Morro : Ma que Horrôôôr ! Tels sont nos premiers commentaires en découvrant Porlamar. Nos craintes sont confirmées : Porlamar est A-FFREUX. |
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| La côte n'est qu'un alignement d'immeubles de 20 à 30 étages, tous dans des états divers. Les uns sont en ruines, les autres ont été abandonnés au milieu de leur construction, d'autres encore sont flambants neufs. A 15h, nous mouillons dans une eau relativement claire. Autour de nous, une soixantaine de voiliers battant pavillon essentiellement français, mais pas mal d'anglais et d'américains. IL y a aussi quelques allemands, québécois et sud-africains. |
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| Ci-tôt
à terre, nous rencontrons Juan, sorte de "Huggy les bons tuyaux" local, parlant
parfaitement espagnol, français et anglais . Il sait tout, connaît tout le monde et a
mis en place divers services facilitant la vie des navigateurs : prise en charge des
papiers d'entrée et de sortie, service de bus 3 fois par semaine pour aller au
supermarché, internet, téléphone, fax, gardiennage des annexes au ponton... En premier lieu, c'est lui qui s'occupe de notre clearance. Ensuite il va nous présenter un couturier pour faire notre taud (et refère le bimini) et enfin il va nous trouver une pièce pour notre hors-bord qui vient d'avoir la mauvaise idée de tomber en panne. Du coup nous devons ressortir les rames et vogue la galère !
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![]() Ronan qui s'affère sur les bossoirs |
Je ne vais pas m'appesantir sur les trois semaines passées à Margarita car nous n'avons fait que bosser : bossoirs (structure horizontale, à l'arrière du bateau, qui permet de sortir de l'eau le dinghy), table de cockpit, réparation du HB, grand nettoyage des coffres et cales de Madeo, avitaillement monstrueux en prévision du passage dans le Pacifique. | ||
| Afin de couvrir encore 1 an et demi de navigation, nous sommes revenus du supermarché avec une trentaine de cartons remplis de produits de base. A titre d'exemples, citons :
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Nos 30 cartons ! |
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| Madeo est chargé comme un baudet et s'enfonce de 10cm supplémentaires dans l'eau. La ligne de flottaison n'est plus assez haute. On s'en veut de ne pas l'avoir remontée lors de notre carénage à Dakar. Trop tard ! Seule solution : écluser régulièrement la cave... Dont acte ! |
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| Entre toutes ces occupations, nous passons
aussi beaucoup de temps à courrir les agences de voyage pour trouver des billets d'avions
afin de rentrer quelques semaines en France. Ce retour au pays soulève la question de Madeo. Où pouvons-nous le laisser en toute sécurité ? |
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| Première solution | |||
| Ici a Porlamar. Mais il faut un gardien la nuit à bord... Le neveu de Juan, qui traîne des pieds et a toujours l'air de sortir d'une profonde sieste, propose ses services pour une somme modique. Bon ! Mais qu'est-ce qui nous garantit qu'il viendra à bord tous les soirs, se cloîtrer pendant ses vacances scolaires pendant que tous ses potes iront faire la fiesta ? En plus, cela veut dire qu'un inconnu va vivre dans "nos meubles". Alors je dis non, non et non ! | |||
| Deuxième solution | |||
| Les marinas de Puerto La Cruz, sur le continent à 70MN d'ici. L'avantage c'est qu'elles sont gardées. L'inconvenient c'est que cela coûte environ 2500F par mois. Glups ! Alors on garde cette solution sous le coude mais on essaye d'en trouver une moins chère. | |||
| Troisième solution | |||
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...???? |
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MEDREGAL !! |
| Nous venons de tomber par hasard, gisant sur le bureau de Juan, la pub' d'un français proposant des mouillages sûrs et gratuits en face de son hôtel, MEDREGAL-VILLAGE. Serait-ce une aubaine ? Nous le contactons par email pour en savoir plus. Jean-Marc, l'hôtelier, nous explique alors que là où il se trouve, au fond du Golfe de Cariaco, l'endroit est protégé du vent et de la mer et qu'il semble aussi épargné par les vols puisque, depuis 5 ans que des français y laissent leur bateau, il n'y a jamais eu de problème. Tout ceci est très très intéressant et encourageant. Allez, on y va ! Sauf qu'on n'a toujours pas de billet d'avion. Il n'y a rien à moins de 1200$ A/R (10000FF) ce qui fait très très mal au bugdet. Nous sommes d'autant plus écurés que l'on sait que dans le sens contraire, Paris-Caracas-Paris, les billets tournent autour de 5000F. On part quand même à Medregal avec l'espoir que Jean-Marc aura une combine à nous proposer pour rentrer en France puisque, lui-même étant français, il doit retourner de temps en temps en Europe. (www.medregal.com, email : medregalvillage@telcel.net.ve) |
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| Vendredi 10 Août 2001 Porlamar (Margarita) - Ile de Cubagua Distance : 20MN
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| Ces trois semaines d'intenses activités nous ont coûté pas mal d'énergie,
beaucoup d'argent et tout notre hâle. Bref, c'est la mine fatiguée et le compte en
banque allégé que nous quittons enfin Margarita....au moteur. Une fois n'est pas coutume
en cette saison des pluies. Il n'y pas de vent !! Heureusement, l'essence n'est pas chère ici : 50 centimes le litre de gasoil !!
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| Après 4 heures de "route" à longer Margarita, nous arrivons à Cubagua. Petite île complètement plate et sèche où quelques pêcheurs habitent le temps d'une campagne. | ![]() La côte Ouest de Margarita
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![]() La plage à Cubagua |
Après 3
semaines de privation de produits de la mer, Ronan fait une razzia de moules sur la coque
de l'épave d'un ferry echoué aux abords de l'île. La récolte est excellente : 2kg de moules énormes et pleines. Nous restons 2 jours (il ne restait plus de moule...). |
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| Dimanche 12 Août 2001 Ile de Cubagua - Cumana Distance : 25MN
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| Comme d'hab', départ à l'aube avec un vent très faible. Nous longeons donc à faible vitesse et dans le silence, si ce n'est le clapotis de l'annexe que l'on traîne, la côte Nord de Cubagua. Puis nous obliquons vers le sud-Ouest en direction de la pointe de la péninsule d'Araya. | ![]() |
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| La vitesse nous grise ! 3-4 nuds au travers pour 5 noeuds de vent, bien vu Madeo ! Puis en cours de route, le vent tombe. De juin à Octobre c'est vraiment pas le pied pour l'alizé! Nous contournons bien les hauts-fonds qui parent la péninsule puis faisons cap au sud vers la marina de Cumana, port à l'entrée du Golfe de Cariaco. Il y règne une chaleur infernale.
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| Depuis notre départ de France, c'est la deuxième fois que nous nous
arrêtons dans une marina (90F la nuit). On apprécie de pouvoir descendre à terre d'une
enjambée. Repos l'annexe! Nous profitons aussi des douches et du bar de la marina. Mais à 35F le rhum/coca, ils ne sont pas prêts de nous revoir à leur comptoir. Quand on pense qu'en ville c'est 10F... |
![]() Madeo à la marina de Cumana |
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| La Girelle, un trismus 37 en alu skippé en solo par Jean françois, est notre voisin de ponton. Les visites de nos bateaux jumeaux nous permettent de comparer les aménagements que l'on ne manque pas de commenter autour de quelques verres... HIPS ! |
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| Mardi 14 Août 2001 Cumana - Médrégal Distance : 23MN
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| Vous savez quoi, 'y a pas de vent !!! Heureusement que le pilote automatique est là pour tenir le cap à notre place car il n'y a rien de plus "ch....." que de barrer lorsque l'on est au moteur.
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| La remontée du golfe vers Médrégal se fait en 5 heures sous un soleil de plomb et sur une eau sans ride. Plusieurs fois, des dauphins viennent jouer à l'étrave de Madeo. C'est un spectacle extraordinaire de les voir évoluer dans cette eau si transparente. On a la sensation de glisser sur un aquarium. | ![]() Le dauphins de Cariaco |
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Médrégal |
A Médrégal, Jean-Marc nous accueille chaleureusement et propose de se renseigner sur les possibilités de vols vers la France. L'hôtel est une touche de verdure au milieu d'un environnement désertique. La ville la plus proche est Cariacou à 50km. Pas simple pour les courses ! |
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| L'eau n'est pas très claire au fond du golfe mais on peut profiter des douches de l'hotel. Heureusement car en désarmant le bateau, on souffre beaucoup de la chaleur. Dimanche 19 Aout, nous laissons Madeo et notre canari Titi aux bons soins de Jean-Marc et entamons notre retour vers la France. Nous ne savons pas encore quand on arrivera car nous n'avons pas tous les billets d'avion (nous possédons juste un aller simple Margarita - Grenade). On part à l'aventure !!! |
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| 6 semaines plus tard, samedi 29 Septembre, nous sommes de retour sur Madeo qui
n'a pas bougé. Il est juste recouvert d'une épaisse couche de guano laissée par les
pélicans. Par contre, notre pauvre Titi n'a pas supporté notre absence et s'est laissé
mourrir. Nous réarmons en vitesse Madeo car nous avons hâte de retourner dans les îles. Cependant, nous devons tout d'abord nous arrêter à Cumana pour faire réparer le moteur de l'annexe qui, lui non plus, n'a pas supporté notre absence, puis ensuite retourner à Margarita pour faire nos papiers de sortie. |
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| Lundi 1er Octobre 2001, Medregal - Cumana C'est parti pour 5 heures de moteur. Vivement le large qu'on touche un peu de vent... On reste bloqué 4 jours à la marina car la réparation du HB prend plus de temps que prévu. Du coup, pour s'occuper, je coupe les cheveux de Ronan.
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AVANT![]() |
APRES![]() |
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| J'abrège le retour jusqu'à Margarita qui n'a aucun intéret puisque tout
s'est fait au moteur. Une fois encore, nous remercions le prix de l'essence. Samedi 6 Octobre 2001 : Cumana - Ile de Cubagua Dimanche 7 Octobre 2001 : Ile de Cubagua - Margarita (Porlamar)
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| On met 5 heures pour rejoindre Porlamar car on a le vent et le courant dans le nez. Pour ma part, je passe la navigation couchée à plat sur le dos dans la cabine car je me suis fait un torticolis dans la nuit et je ne peux plus me bouger. | ![]() |
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| Pendant que Juan se charge pour nous de la bureaucratie des papiers
de sortie, nous faisons un avitaillement de frais en prévision des 5 semaines que
nous comptons passer dans les îles, quasiment désertes, ponctuant la côte
vénézuélienne : Blanquilla, Roquès, Avès. En 2 jours, nous sommes prêts à larguer les amarres avec la société de consommation. Fini les dépenses, on va vivre de notre pêche !!! Vamos a Blanquilla ! |
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| La suite : Blanquilla (Venezuela) | |||